Le pape François a institué en 2019, un «dimanche de la Parole», un dimanche qui doit être «entièrement consacré à la Parole de Dieu, pour comprendre l’inépuisable richesse qui provient de ce dialogue constant de Dieu avec son peuple». Ce dimanche a pour but de favoriser l’assiduité à la lecture des Écritures, Ancien et Nouveau Testament, chez tous. Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. Quant au prophète Samuel, nous lisons que « le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet ». Alors, chaque jour, ouvrons nos oreilles, nos yeux et nos cœurs pour nous laisser travailler par la Parole de Dieu.
Aujourd’hui, nous venons d’entendre dans l’Évangile des paroles de Jésus qui nous appellent à la conversion et à le suivre : Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche (Mt 4, 17), puis, s’adressant à ses premiers disciples, il leur dit: Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes (Mt 4, 19).
« Convertissez-vous » : c’est l’appel caractéristique de tous les prophètes, et Jésus s’inscrit dans cette lignée. Selon l’Écriture Sainte, la conversion est un mouvement de retour vers Dieu. Il s’agit de bien plus qu’un simple changement de mentalité. Ce retour ne ramène pas l’homme sur lui-même ni sur ses fautes, mais vers quelqu’un : Dieu. À l’origine de la conversion il y a l’amour gratuit de Dieu qui nous guérit pour nous ouvrir une relation à Lui qui nous fait entrer dans une vie nouvelle. « Revenez à moi de tout votre cœur » (Joël 2,12), dit le Seigneur. Ce même Dieu s’est révélé à nous comme le Dieu de tendresse et de miséricorde, plein d’amour et renonçant au châtiment. « Examinons nos chemins, scrutons-les et revenons au Seigneur » (Lm 3,40), nous dit l’Écriture. Demandons au Seigneur de réveiller en nous le premier amour, celui du jour où nous avons décidé de le suivre.
Et à notre conversion fait suite la rencontre, car Jésus passe, voit et appelle ses premiers disciples, ainsi que chacun de nous, aujourd’hui. Jésus marche le long de la mer de Galilée. Il voit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer, car ils étaient pêcheurs. Il n’est pas question de salutations ou de conversations. Jésus leur lance simplement un appel : « Venez à ma suite. » Aussitôt, ils quittent leur travail et suivent Jésus. Le texte nous dit également que Jacques et Jean, les deux autres frères, laissent leur père pour le suivre. Dans la voix de Jésus, il y a la puissance de l’Esprit Saint, et dans la réponse des disciples, nous voyons et comprenons que le Royaume des Cieux est tout proche ; il est venu jusqu’à nous, il est en nous. Voici que ce Royaume commence, mais par des commencements marqués par la modestie et la simplicité ; il s’agit de gens simples, des gens du peuple : « Frères, nous dit l’apôtre Paul, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes ; au contraire, ce qui est d’origine modeste, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi » (1 Co 1, 26-29). Toutefois, Dieu a fixé à tous le même but : la joie de le suivre et de le servir. Chacun de nous est appelé à reconnaître son propre chemin, celui qui le rend unique aux yeux de Dieu. Alors, la voix de Jésus peut encore résonner en nos cœurs, comme le dit l’apôtre : « Je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but, pour remporter le prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus » (Ph 3,12-14 passim).
Un regard, un geste, une parole : c’est ainsi que Jésus a appelé ses premiers disciples, ce jour-là, au bord du lac de Galilée. Et nous sommes tous appelés et invités à le suivre selon l’appel reçu.
Nous célébrons le dimanche de la Parole de Dieu, mais cette Parole est bien plus qu’un texte écrit, qu’un livre : c’est la voix de Dieu qui nous parle, nous éveille et nous appelle à le suivre. Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur (cf. Ps 94, 8.7).
Fr Matteo



