« C’est moi qui vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur. » Osée 2,16.
Les premiers moines recherchaient dans les déserts silence et solitude pour vivre au plus intime cette rencontre amoureuse de Dieu et de l’homme. Chemin de renoncement aux biens personnels et à une certaine vie sociale pour cheminer dans la véritable connaissance de soi et de son Dieu à la suite du Christ.
Hier comme aujourd’hui, ce renoncement n’est pas coupure d’avec ses contemporains, nombre de gens se sont rendus et se rendent encore auprès de ces moines, pour y trouver une parole de vie, un conseil, une consolation.
Dans nos contrées où les déserts géographiques sont rares, les monastères se sont généralement implantés dans les campagnes, les montagnes et les îles, voire même dans des centres urbains. La notion de fuite au désert s’est transposée dans la vie stable d’une communauté de chercheurs de Dieu dans un lieu délimité, un cloître.
Un cistercien du 12ème siècle sur l’île de Ré décrivait ainsi son désert : « La miséricorde de Dieu a daigné disposer cet exil, notre exil, de manière qu’il nous soit loisible de prier, de méditer, de lire, et qu’il nous soit nécessaire de travailler… Si nous sommes descendus en cette île, la dernière de toutes les terres, après laquelle, comme dit le prophète, il n’y en a plus d’autre, dans cette petite île perdue dans l’immensité de la mer, c’est pour monter à Jérusalem, celle d’en haut. »Isaac de l’Etoile, Sermons.
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